GRATIEN CANDACE (1873-1953)

1932-1933 - Ministre modéré dans deux cabinets de centre-gauche

lundi 26 avril 2004 par Dominique Chathuant
1932-1933 - Élu comme radical indépendant au 1er tour, Candace, s’apparente au groupe de la Gauche radicale (centre-droit) [1]. Candace est favorable à une défense de la stabilité du franc par une politique d’orthodoxie budgétaire. Il prône la déflation - Pour la première fois, sa profession de foi habituellement hostile aux divisions raciales, inclut un appel aux Indiens de la Guadeloupe (ils votent depuis 1921).
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Il est nommé sous-secrétaire d’État aux Colonies au côté d’Albert Sarraut dans les cabinets de centre-gauche d’Édouard Herriot puis de Joseph Paul-Boncour.

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- Il apparaît à cette occasion sur le perron de l’Élysée pendant les bandes d’actualités. Cette fonction porte le même titre que celle qu’occupa Victor Schœlcher - Candace a été précédé par le Sénégalais noir Diagne et le Martiniquais Alcide Delmont.
Candace participe à promotion du paquebot transatlantique Normandie. Il participe à de nombreuses conférences commerciales à Madrid, Istanbul, Bruxelles ou Londres.
Septembre 1933 - Chroniquant Hannoteaux dans la Quinzaine coloniale, Candace, ancien ministre, s’interroge sur l’avenir du ministère des Colonies : « Le moment n’est-il pas venu de changer tout cela en ayant un grand ministère de la France extérieure ? » Il affirme que la France doit avoir des méthodes et des buts précis en matière coloniale et ajoute : « On examinera s’il y a lieu de créer, comme en Angleterre, des Sous-secrétaires d’État administratifs permanents qui échapperaient aux fluctuations de la politique. » afin de « faire passer dans les faits [...] la notion de l’Empire qui manque encore à la majeure partie des Français ». Candace insiste sur l’intérêt de la France coloniale, intérêt des peuples colonisateurs et des peuples indigènes.
En Allemagne, un article du Dresdner Anzeiger du 25 septembre 1933 intitulé « Droit à l’égalité des nègres » se scandalise que des nègres, censés être esclaves, puissent commander à des blancs. Il dénonce le fait qu’on puisse traiter les maîtres en esclaves et s’insurge contre ceux à qui on remet des armes pour combattre les blancs.

[1La Gauche radicale est décrite par André Siegfried comme un groupe occupant une position tactique de première importance. Socialement conservateurs, ses membres ne veulent pas rompre avec la gauche. Ils votent « à droite sur les questions d’intérêts, à gauche sur les questions politiques ». Siegfried note qu’il y a une droite et une gauche dans la Gauche radicale et observe cette division pour tous les scrutins politiques.