GRATIEN CANDACE (1873-1953)

1942-1943 - A Vichy

lundi 26 avril 2004 par Dominique Chathuant
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1942-1943 : Candace est laissé à l’écart comme beaucoup d’anciens parlementaires. Il est présent à une soirée quinzaine coloniale le 27 avril 1942 en même temps que l’amiral Platon, secrétaire d’État aux Colonies, un des collaborationnistes les plus virulents. Mais d’autres y assistent qui n’ont pas voté les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. C’est le cas de Louis Marin (Féd. Rép.).

En octobre 1942, Candace continue d’opposer une résistance légaliste en protestant vigoureusement auprès de Pétain contre les directives du ministère de l’Agriculture et du ravitaillement à propos des congés payés en zone occupée, interdits aux juifs et aux gens de couleur&nbsp : « Les Francais de couleur désirent savoir s’ils peuvent continuer à regarder en face, les yeux dans les yeux, leurs compatriotes de la race blanche avec ce sentiment de la fraternité qui les a toujours animé ». La démarche s’inscrit dans une grande vague de protestation qui succède à la raffle du Vel d’Hiv’ et à la fermeture des bureaux des Chambres à l’été 1942. Herriot, Jeanneney, les instituteurs, Mgr Salièges : tous protestent auprès de Pétain.

Bloqué à Vichy, il confie une lettre à ses enfants au jeune évêque Jean Gay. Gay a été nommé par Vichy Jean Gay en partance pour la Guadeloupe.

Candace préface un livre antiraciste très paternaliste sur l’âme de l’Afrique noire et un autre sur le Cameroun. Il signe également un petit fascicule sur les Antilles. Ces pages sont couplées avec un texte de René Gillouin (un protestant très proche de Pétain) sur l’Orient et l’Occident. Candace glisse dans son texte quelques lignes d’un « poète (sic) » qu’il ne nomme pas mais dans lesquelles on reconnaît aisément Jaurès, l’une de ses références préférées.

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